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lundi 26 juillet 2010

Distribution de films africains



Un petit article intéressant sur Variety.com à propos de la distribution (ou plutôt son absence) de films africains. Pour les bilingues uniquement. Bilingues anglais-français je précise.

Parler japonais ou allemand ne vous sera d'aucune utilité.
Pour lire cet article je veux dire.
Sinon cela vous sera utile dans la vie.
Si vous allez en Allemagne, par exemple.
Ou au Japon.
Ou que vous êtes traducteur.

Variety.com est un site "paywall" avec 5 pages gratuites par mois, pour l'info.

lundi 7 juin 2010

Petit article sur Nollywood



Un petit article sympa de l'AFP sur Nollywood (industrie du cinéma) et le néant cinématographique qui engloutit le reste de l'Afrique.

vendredi 4 juin 2010

The SelfHelpless Movie - la suite



Vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais il y a quelques mois de cela, j'avais posté un article à propos de The Self Helpless movie. Ce film a été réalisé par une petite équipe de quelques amis de l'Est des USA qui a décidé de tourner un petit film indépendant et de le rendre disponible gratuitement sur Bit Torrent.

Je dois avouer que malgré sa disponibilité gratuite, la bande annonce ne m'avait pas donner envie d'investir une heure et demie de ma vie dans The SelfHelpless. Mais si les distributeurs d'Alice au Pays des Merveilles ou Iron Man comptaient sur moi pour gagner leur vie, ils seraient au chômage alors...

Un mois après la sortie du film, les producteurs annoncent fièrement sur leur blog que SelfHelpless a été téléchargé 60 000 fois. Ils proposent maintenant à tout ceux qui ont vu le film gratuitement de contribuer financièrement en achetant DVD, cendriers, T-shirts, etc...

Une stratégie pas si bête que ça qui pourrait s'avérer payante étant donné le le budget relativement faible. Sauf que 60 000 téléchargements gratuits sur Bit Torrent ne signifie pas automatiquement que le film a été vu par 60 000 internautes (on a tendance a prendre plus que ce qu'on utilise lorsqu'un produit est gratuit), et encore moins que ceux ayant vu le film en entier l'ont assez apprécié pour contribuer financièrement après l'avoir vu.

Légèrement plus troublant selon moi est l'obstination des producteurs à montrer qu'ils ne recherchent pas a rentabiliser leur investissement ni à se faire engager par Hollywood sur la base de ce film. À moins évidemment que ce ne soit qu'une façade, bien que je les pense sincères dans leur démarche.

Parce qu'au-delà de la simple cupidité propre aux humains, si leur film est si bon que ça mais qu'ils se fichent d'accumuler les dettes ou de récupérer leur investissement, comment faire pour tourner le film suivant?

Demandez aux grecs, on finit toujours pas rembourser ses dettes...

mardi 1 juin 2010

Canal+ Afrique



Des annonces encourageantes en marge du Festival Écrans Noirs à Yaoundé (Cameroun) venant de Canal+. Reste maintenant à savoir si ces projets verront effectivement le jour...

dimanche 23 mai 2010

Avenir cinéma tunisien



Une interview du producteur tunisien Lofti Layouni sur la production cinematographique et l'état de l'industrie en Tunisie.

lundi 12 avril 2010

Comment être Américain - partie 2: les stars



Quand vous décidez que vous voulez travailler dans le cinéma, vous vous devez de jeter un coup d’œil aux chiffres du box office chaque weekend. Cela peut paraître fastidieux comme ça, mais c’est très intéressant de comparer les performances de différents films selon leur genre, leur budget, etc…

Ce qui est encore plus intéressant c’est de parcourir les sites spécialisés et lire les commentaires en bas des articles, avec des gens qui vous expliquent la bonne ou mauvaise performance d’un film par le fait qu’un acteur est une vraie star ou pas, est sous-estimé ou surestimé, n’a aucun talent ou en a énormément, a toujours attiré les foules ou ne l’a jamais fait. Bien entendu, tout cela est fait en toute grossièreté, avec échanges de noms d'oiseaux qui n'en rendent la lecture que plus intéressante.

Étant donné qu’on essaie tous de devenir américains, je vais donc vous parler des ces stars de ciné, justement. Parce que s’il y a bien une chose que les américains ont de plus que les autres, c’est l’aura de ces acteurs d’Hollywood qui affole tout le monde sur leur passage, avec pour exemple les émissions TV dans lesquelles ils sont invités à l’étranger avec un public toujours en délire.

En foot ou en basket, vous sortez du lot parce que vous plus talentueux que les autres. Messi, Ronaldo, Kobe Bryant, Lebron James, j'en passe. Vous marquez beaucoup de buts ou alors vous marquez beaucoup de paniers. C’est simple, c’est objectif. Mais c’est loin d’être la même chose pour nos amis acteurs.

Will Smith –bien qu’il ne soit pas particulièrement mauvais- n’est pas meilleur que les autres, loin de là. Angelina Jolie, non plus. Si je commence à parler de Jennifer Aniston, Cameron Diaz, Jessica Alba, Robert Pattinson, Ashton Kutcher, et plein d’autres dont le talent est savamment caché, j’en serai encore là dans 3 jours. Bref, contrairement à Kobe ou Lebron, quand vous mettez une star dans un mauvais film, ça reste un mauvais un mauvais film (Will Smith dans Seven Pounds ou Hancock). Vous la mettez dans un bon film, ça reste un bon film sans plus. En gros, une star, ça coute cher, mais ça ne fait pas vraiment une si grande différence que ça en terme de qualité.

Comment est ce qu’on devient une star à Hollywood si le talent n’explique pas tout ? Et surtout à quoi ça sert d’en avoir une dans un film?

Un(e) acteur/actrice ne devient pas nécessairement célèbre en attirant l’attention du public avec son talent. Il ou elle le fait avec son physique (Jessica Alba, Jessica Biel, Angelina Jolie), sa personnalité (qui n’a pas envie d’être pote avec Will Smith ou George Clooney), les personnes avec qui il/elle sort (Jennifer Aniston), les boites de nuit qu’il/elle fréquente, parfois même simplement les vêtements qu’il/elle porte. Il/elle est considéré comme une star à cause de l'attention que lui les magazines alors que son travail en soi n’a pas forcément marqué les esprits.

L'utilité? C’est simple. Un acteur célèbre, c’est « l’ami de tout le monde ». Quand il est dans un film qui sort bientôt, cela attire notre curiosité, peu importe le film en question, un peu comme si un membre de notre famille ou un collègue de travail vous disait qu’il allait être dans le journal le lendemain matin. Lorsqu’on voit une bande annonce, ou une affiche dans la rue, ce visage familier nous fait inconsciemment penser qu’on passera un meilleur moment en regardant ce film plutôt qu’un autre.

Les studios on besoin de ça. D'un outil marketing. Ils ont besoin de personnalités qui attirent l’attention sur elles et non sur la qualité (souvent médiocre) de leurs films. Pourtant ce serait simple de ne pas avoir à dépenser des millions de dollars pour payer des acteurs (parfois) surcotés. Il suffit d’avoir de bonnes histoires qui intéressent le public au-delà des personnes qui sont à l’écran.

Mais en même temps c’est tellement plus facile de produire « Valentine’s Day » et d’aller jouer au golf pendant que les spectateurs ne se rendent compte qu’après coup qu’ils se sont fait avoir - pour ceux qui s'en rendent compte.

Parce qu’un bon scénario, ça fait toute la différence peut-être, mais mine de rien, c’est compliqué à trouver, quand même…

Vous savez à quoi ça ressemble vous? Si vous savez, pas besoin de prendre le premier avion pour LA. Personne ne les achète ici.

mardi 30 mars 2010

This is Nollywood

L'industrie du cinéma au Nigéria...

lundi 29 mars 2010

Comment être Américain - partie 1: la bande annonce



Au cours des prochaines semaines, je vais vous apprendre à être "Américains". Parce qu’après tout c’est ce que nous rêvons tous de devenir. N’est ce pas ?

Peu importe les pays, anglophones ou pas, d’Europe, d’Asie ou d’Amérique du Sud, les films américains connaissent un énorme succès, bien souvent supérieur à celui rencontré par les films nationaux dans leurs pays respectifs.

La majorité des stars internationales de cinéma doivent leur renommée mondiale à leur présence dans un produit d’Hollywood ou à une nomination/victoire aux Oscars.

L’explication ne peut pas être simplement que les films US sont tous meilleurs que les autres. Pourquoi alors ? Les réponses sont multiples, la bande annonce est l’une d’elles. Oui, la bande annonce. Il y a juste quelque chose à propos de ces bande annonces qui fait la différence.

Bien sûr, il y a la voix-off caverneuse qui rend même les plus grandes banalités excitantes. (DANS UN MONDE OU TOUT LE MONDE LUI MENT… COMMENT SAURA-T-IL QUI LUI DIT LA VÉRITÉ ?).

Il y a aussi le récent hit du top50 qui est utilisé pour qu’au cas vous n’aimiez pas ce que vous voyez, le film soit au moins associé à quelque chose que vous aimez entendre –ou plutôt que la radio et les TV vous ont martelé sans cesse depuis des semaines.

Il y a le rapide enchainement des images qui vous fait croire qu’il se passe forcément quelque chose d’excitant vu que tout est en train de bouger en permanence.
Surtout, les majors US s’assurent qu’à la fin du "trailer", vous sachiez vraiment de quoi parle le film. Parfois des films entiers sont réécrits et certains même ne sont jamais produits parce qu’il ne pourraient pas être résumer par un simple clip de 150 secondes susceptibles d’attirer les foules.

Car c’est cela le but du jeu : attirer le public. Par tous les moyens. Alors on fait ce que j’ai déjà énoncé plus haut, mais on montre aussi tous les meilleurs moments du film. Tant pis pour le mystère, s’il y en a pas assez (de bonnes scènes) on peut également révéler un twist si besoin est (hello, Terminator IV et Sam Worthington qui en fait n’est pas humain). Et si le client se sent volé d’avoir vu un film médiocre dont la bande annonce montrait les seuls éléments dignes d’intérêt ? Ce n’est pas grave.

Vous ne me croyez pas ? Laissez moi vous raconter une histoire, en dépit de ma mémoire approximative. Il y a quelques mois de cela, un responsable du marketing d’une des majors est venu parler devant l’une des mes classes. Une fille –plutôt mignonne d’ailleurs - lui posa la question suivante : "Ne trouvez vous pas qu’il est dommage que beaucoup de bande annonces aujourd’hui montrent plus qu’il ne faut et ne laisse plus de place à l’effet de surprise, au mystère? Je suis allé voir XYZ récemment et je me suis rendu comte que la bande annonce était plus un résumé du film qu’autre chose."

La réponse - plutôt drôle - de notre ami du marketing ? "Excusez-moi, mais voici ce que je vous ai entendu dire: Blah, blah, blah, blah, blah, blah, je suis allé voir XYZ, blah, blah, blah, blah, blah, blah. Vous avez payez pour allez voir le film, ma mission est accomplie et mon boulot s’arrête là. Ce qui se passe après n’est pas mon problème."

Il a raison après tout. Vous ne pouvez pas être remboursé. Qu’est ce que vous allez faire ? Ne plus jamais regarder un film pendant le reste de votre vie ? J’aimerais bien voir ça.

lundi 22 février 2010

Maman, comment on fait des mauvais films?



Si vous prenez un jour un cours sur l’industrie du cinéma ou la distribution, il y a une chose que vous allez souvent entendre ; bien qu'il n'y a que l'argent qui compte, personne n’a comme intention de faire un mauvais film. C'est vrai. Personne ne se lève un matin et décide de passer les 3/6/12 prochains mois de sa vie à travailler sur quelque chose dont il aura honte une fois que le monde entier posera les yeux dessus. Néanmoins, cela n’empêche qu’il y a beaucoup de gens qui vont se coucher le soir en sachant qu’ils ont plus de chances d’obtenir un Gérard qu’un César.

Que se passe-t-il donc dans les couloirs des studios entre les premiers mots écrits avec optimisme sur une feuille blanche (plus exactement un nouveau fichier Final Draft) et la première projection qui vous fait comprendre que vous venez de jeter quelques millions d’euros ou de $ par la fenêtre?

La star-ocratie
Comme le dit Ari Gold, le légendaire agent de Vincent Chase dans un épisode d’Entourage, « sans Vince, ce scénario n’est qu’un tas de morceaux de bois avec des mots dessus ! ». Traduction : les remettants aux Césars ont beau dire que le scénario est essentiel pour un film, si un script -aussi bien écrit soit-il- n’attire pas l’intérêt d’un acteur ou réalisateur avec un minimum de renommée, personne n’est prêt à financer le film. À première vue, cela semble tout à fait logique. Si Luc Besson, Dany Boon, ou bien d’autres sont intéressés par un projet, c’est que ça en vaut forcément la peine, pas vrai ? Faux. La principale qualité d’un acteur, c’est de faire semblant. La principale qualité d’un réalisateur, c’est de savoir quoi faire d’une caméra. La capacité à reconnaître un bon script quand ils l’ont devant les yeux est plus qu'optionnel pour beaucoup d’entre eux (surtout chez les acteurs). Résultat : vous obtenez Angel-A, De l'autre côté du Lit ou encore Iznogoud.

L’idio-cratie
Je ne vous explique rien de nouveau en vous disant qu’un film n’a pas besoin d’être intelligent pour avoir du succès. Après tout, le monde n’est pas exclusivement peuplé de docteurs en physique nucléaire. Et The Hangover (peu importe comment ça s’appelle en français) a bien montré qu’il est possible d’avoir un bon film sans s’adresser à des professeurs d’université. Malheureusement, un problème se pose devant des producteurs qui eux ne sont pas bêtes ; quelle est la limite acceptable de stupidité à ne dépasser ? Parce que si vous ne faites attention, vous vous retrouvez avec Miss March, Year One, ou Rrrr

Le merchandising (merchandising-ocratie ne sonnait pas très bien, donc j'ai préféré uitliser un vrai mot)
C’est simple, plutôt que de faire un vrai film (ce qui trop compliqué à faire) vous collez bout à bout environ deux heures de jolies images colorés et ensuite vous vendez des jouets, des bandes dessinés, des T-Shirts, des portes clés, des casquettes, une nouvelle attraction dans un parc…
Voir Transformers, GI Joe, Star Wars : La Menace Fantôme, Taxi 4, Aterix aux Jeux Olympiques, Land of The Lost
À venir: Monopoly le film, Barbie le film, Transformers 3

Malheureusement, la seule vraie solution pour empêcher ces films d’être produits serait que le ridicule tue. Mais d’après mes informations, Michael Bay n’est pas mort; il est même un homme très riche. Et les producteurs de Land of the Lost (un film qui a perdu des dizaines de millions de $), quant à eux, sont aussi toujours vivants et se disent qu’ils auront plus de chance la prochaine fois.

Ça ne s’arrêtera donc jamais?
Apparemment, non.

lundi 8 février 2010

Qui a peur d'Internet?



La semaine dernière, je concluais mon post sur le piratage en rejetant une partie du blâme sur les studios qui en dépit de leurs imposantes campagnes marketing en ligne, sont plus que réticents à commercialiser leurs films sur ce médium.

Tout le monde s’accorde pour dire que l’avenir de l’industrie sera dans la distribution en ligne et la "sortie simultanée" (salles, DVD, Internet). Pourtant chaque membre de l’industrie s’observe en attendant qu’un autre fasse le premier pas, histoire de voir s’il s’en sortira indemne. Un phénomène qui s’explique par 3 choses.

1. La peur des propriétaires de salles

Leur position est catégorique. Si vous portez atteinte à leur fenêtre d’exclusivité (4 mois dans la plupart des pays), vous pouvez dire au revoir au futur de votre partenariat avec eux. Et jusqu’à nouvel ordre, il n’existe pas de meilleur moyen d’amasser autant d’argent en aussi peu de temps ailleurs qu’en salles (je pense que James Cameron et 20th Century Fox sont d’accords avec moi). De plus, pour rendre les salles encore plus indispensables, la plupart des revenus annexes (TV payante et gratuite, avions, hôtels) sont habituellement calculés en pourcentage des revenus aux box-office. Donc, jusqu’à ce qu’ils soient d’accords pour lâcher du lest en terme d’exclusivité (traduction: jamais), ce n’est pas demain qu'un grand nombre de films auront une sortie simultanée.

2. La peur du changement

C’est vrai que ce serait formidable de distribuer un film simultanément à travers le monde, qui plus est à un coût considérablement moindre. Tous les dirigeants de studios sont d’accord là dessus. Mais en attendant que vous leur montriez un document Excel garantissant des revenus similaires à ceux qu’ils obtiennent dans le système actuel, ils préféreront rester la victime des pirates et se plaindre auprès de leur gouvernement. Après tout, Avatar (le film le plus piraté au monde, malgré la 3D) a fait pareil et s’en est bien porté, merci. Et puis s’il faut s’adapter à des revenus potentiellement inférieurs (combinés à des coûts plus que proportionnellement inférieurs) en réduisant les budgets de productions de films et les dépenses de fonctionnement, qui demandera à Will Smith, Angelina Jolie, Amy Pascal et Tom Rothman (patrons de Sony et Fox) de réduire leurs salaires de quelques millions et/ou d’utiliser moins souvent le jet privé de l’entreprise ? Pas moi.

3. La peur des spectateurs

C’est formidable tout cet argent que gagnent Netflix, Amazon ou Allociné - avec des films sortis il y a plusieurs mois - et ces jolis sondages qui disent que les "vrais gens" (groupe dont je ne fais apparemment pas partie, n’ayant jamais été sondé pour quoi que ce soit) veulent avoir accès à plus de films de façon légale. Mais comme St Thomas, beaucoup de membres de l'industrie attendent de voir des films sortir directement en ligne et être de véritable succès avant de le croire. Après tout, rien ne garantit qu’une fois une copie de bonne qualité disponible sur un torrent, ces "vrais gens" plein de bonnes intentions ne se contenteront pas d’en profiter gratuitement. Rien ne garantit non plus que les inconditionnels de torrents acceptent de rompre avec leurs bonnes habitudes et de payer pour voir ce qu’ils avaient l’habitude de voler auparavant.

Toute cette réticence à embrasser la distribution est ligne est dû à une chose : la PEUR. Celle de l’avenir et de l’inconnu. Des personnes dont la carrière (et surtout le train de vie) a reposé sur un système particulier n’accepteront de le changer qu’avec le couteau sous la gorge (exemple : musique, automobile). Heureusement, le changement arrivera (inévitablement) de l’extérieur du système en place par des personnes qui n’auront rien à perdre et tout à gagner.

Vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenus

lundi 1 février 2010

La Déclaration des Droits de l’Homme et du Pirate Internet



La semaine dernière je parlais de voter avec son porte-monnaie pour que les studios cessent de distribuer des films médiocres (restons polis) pour la bonne et simple raison qu’il y aura toujours des gens pour les voir.

J’avais également rajouté que ce n’était pas un encouragement à tous les pirates qui sévissent sur Internet et essaient de faire croire qu’ils ne font rien de mal. À les écouter se défendre lorsque la presse les interroge, on serait presque tenté de leur remettre une médaille pour service rendu à la Nation, et de ratifier la Déclaration des Droits de l’Homme et du Pirate Internet par la même occasion.

Pourtant aucun de leurs arguments (en apparence raisonnables) ne tient la route :

1. La Culture est un service public et devrait idéalement être gratuite.
C’est vrai que les artistes tendent parfois (souvent) à s’accorder plus d’importance qu’ils en ont. Mais restons raisonnables, la musique et le cinéma ne sont pas comparables à la santé et à l’éducation en terme de nécessité. Et malgré leur nécessité absolue, chacun se doit de payer (directement ou par les impôts, sauf pays pétroliers) pour avoir accès à ces services. Et il ne vous viendrait jamais à l’idée de demander qu’un docteur, un professeur, ou un policier travaille gratuitement en raison de la noblesse de son activité. À ce propos, je voulais vous dire que chacun de nous contribue à sa manière à l’intérêt général. Et si on se proposait tous de travailler gratuitement ? On aurait un peu de mal à survivre, mais l’intérêt général ne s’en porterait que mieux.

2. La plupart des films récents sont de qualité inférieure.
Il s’agit d’une opinion que je partage entièrement. Mais encore une fois, on va tous mourir un de ces jours. Alors pourquoi perdre votre temps avec des films (2 heures de votre vie) qui ne vous intéresse pas et selon vous ne valait pas la peine de dépenser quelques euros (en ligne ou en salles)?

3. Les majors, les stars de cinéma gagnent trop d’argent.
Un total non-sens de démagogie. Remettons les choses dans leur contexte. 20 millions de $ par film c’est beaucoup. 10 millions d’euros pour courir après un ballon c’est beaucoup aussi. Mais soit ça ne vous intéresse pas le moins du monde et logiquement vous ne contribuer pas à remplir le portefeuille de ces acteurs, réalisateurs, footballeur ou basketteurs, soit ça vous intéresse (de près ou de loin) et c’est illogique dans ce cas de ne pas récompenser quelqu’un qui fournit quelque chose qui a de la valeur pour vous.

4. Je ne fais que partager ce que j’aime avec mes amis.
Il est parfaitement légal de prêter un film à un ami, voire plusieurs (le fameux cercle privé auquel font référence les inscriptions au début d’un DVD). Mais ne nous prenons pas mutuellement pour des imbéciles. Je ne suis pas un fanatique de Facebook et MySpace, et j’ai près de 500 « amis » malgré tout (un goutte d’eau en comparaison à d’autres). Je sais qu’on aime tous avoir l’impression d’être populaire mais personne ne possède un cercle privé de plus 500 personnes qui exige de publier l’adresse d’un torrent illégal sur sa page Facebook.

La seule raison valant la peine d’être avancée, et surtout qui engage la responsabilité des studios est qu'aucun moyen légal n’est rendu disponible par les détenteurs des droits d’auteurs.

On en parlera plus en détail, mais il faudra être patient et attendre la semaine prochaine.

Quoi, je vous manque déjà? Ne vous inquietez pas. Je reviens bientôt.

lundi 25 janvier 2010

Attention! Cerveau en surchauffe



J'ai été pris en otage vendredi dernier. Pris en otage par 3 membres de la gente féminine qui m'ont obligé à regarder Twilight en DVD ce weekend. À mon réveil (à la fin du film), je me suis retrouvé au milieu d'un débat sur la qualité discutable de ce film et bien d'autres qui néanmoins accumulent les millions de dollars sous prétexte que ça fait du bien de ne pas réfléchir de temps en temps.

Ayant lamentablement perdu ce débat principalement parce que je n’ai pas eu le courage de froisser mes adversaires (quel homme aime se mettre des femmes à dos?), je me console en vous donnant ici mes 7 raisons selon lesquelles divertissement ≠ absence de d’intelligence et de logique

1. Ça peut paraître stupide comme ça, mais quand un ami vous raconte une histoire complètement inintéressante, dénuée de toute logique ou sens, voire même misogyne/raciste, vous n’aimez pas ça. Maintenant imaginez que cet ami s’appelle Michael Bay ou Roland Emmerich, que son histoire dure parfois jusqu’à 2h30, et qu’en plus il vous fait payer pour avoir « l’honneur » de l’écouter.

2. Parce que les studios savent qu’ils font des films médiocres mais continuent à en faire parce que les gens vont les voir malgré tout. En tant que fan de cinéma, je préfère voter avec mon porte-monnaie en décidant de ne pas encourager ces films. (Pour les petits malins qui pensent que c’est un encouragement au piratage, on se reparlera la semaine prochaine).

3. Parce que bien que n’étant pas ministre ou président de la République, je ne
peux pas me permettre de perdre 2 précieuses heures de ma vie (on va tous mourir à un moment donné, je vous rappelle) sous prétexte que je n’ai pas envie de réfléchir. Je peux encore moins me le permettre depuis ça .

4. Votre cerveau a-t-il vraiment été surmené devant Inglorious Basterds, Slumdog Millionaire ou The Dark Knight ?

5. Votre cerveau s’est-il si bien porté que ça après What Happens in Vegas, 27 Robes ou La Proposition ?

6. Si vous pensez que la seul façon d’avoir votre dose d‘effets spéciaux est de voir Transformers 2, 2012 ou Wolverine, regardez District 9. Sérieusement. Maintenant. Allez-y, je vous attends.

7. Je récapitule. Entre les cours qu’on sèche (on l'a tous fait), les examens pour lesquels on ne révise pas avant la veille, Secret Story, les Lions (In)domptables (encore merci pour « la bagarre » de lundi, Samuel), le débat Messi/Ronaldo, Kobe/Lebron, les clips Youtube de chats ninjas ou de bébés qui disent « Blood ! Not funny ! »,et enfin les soirées en fin de semaine, on réfléchit quand à la fin ?

jeudi 21 janvier 2010

Le début d'une nouvelle ère

Je vous avais promis une surprise il y a quelques jours (pour les 4 personnes qui suivent ce blog). Et bien la voici.

J'espère que c'est le début d'une longue aventure et que vous serez nombreux a en faire partie.

Je vous conseille d'inviter des amis. Parce qu'on ne va pas s'ennuyer.


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Communiqué de presse:

H7 Films tisse sa toile

La nouvelle maison de production ambitionne de porter le cinéma africain au premier plan

Yaoundé - Nouveauté dans le paysage cinématographique africain : la création de H7 Films par Henri Melingui.

H7 Films sera une maison de production de films africains basée à Yaoundé (Cameroun). En plus de financer et produire ses projets, elle en assurera également la distribution à travers le monde.

« Notre défi est de proposer des films originaux et innovants qui passionneront les cinéphiles et auxquels un public plus large pourra malgré tout s’identifier. », dit Henri Melingui.

L’entreprise fera d’internet le fer de lance de sa stratégie internationale. Ses films seront disponibles en Vidéo à la Demande simultanément sans aucunes restrictions territoriales.

Le public africain, n’ayant majoritairement pas accès au haut débit, pourra également avoir accès à ces films en DVD. De projections spéciales seront également organisées par le distributeur dans plusieurs villes d’Afrique francophone.

« Par l’intermédiaire de mon blog Quartier Boz'art , j’ai eu l’occasion de m’exprimer sur la disparition des salles, le piratage, et les faibles moyens financiers en Afrique. Je n’en reste pas moins convaincu que l’environnement actuel est malgré tout propice à un redécollage du 7e art sur le continent. L’essentiel est de rester créatif et flexible devant les obstacles qui se présentent», rajoute Melingui.

H7 Films compte déjà plusieurs projets en stade avancé de développement.

La nouvelle structure débutera officiellement ses opérations au cours du second semestre de l’année 2010.

lundi 18 janvier 2010

L'état du cinéma africain

Un article intéressant que j'ai trouvé sur http://ambenatna.over-blog.com/ et que j'ai voulu partager avec vous traitant de la faiblesse de l'activité de l'industrie africaine du cinéma.

Dans la même veine, j'avais posté en novembre Les salles de cinéma en Afrique

jeudi 7 janvier 2010

Nollywood: si ce n’est pas un signe, alors là…



Profitant des mes vacances récentes aux Cameroun, j’ai pu regarder des chaines de TV africaines (auxquelles je n’ai pas habituellement accès) diffusant des films et séries du continent, notamment les fictions produites par Nollywood.

Pour ceux qui ne le savent pas, Nollywood est le surnom de l’industrie cinématographique du Nigéria (je vous laisse deviner d’où vient le surnom), qui réalise un chiffres d’affaires d’environ 300 millions de $ par an et est également la 2e industrie mondiale en terme de production de films derrière l’Inde et devant les Etats-Unis avec 500 films par an environ d’après le classement des Nations Unies, un classement qui reste néanmoins assez discutable car les Etats-Unis produisent beaucoup plus de films qui ne voient jamais la lumière du jour (et ne sont ainsi pas comptabilisés).

Ce sont des films tournés en deux semaines sur support numérique pour des budgets le plus souvent compris entre 15000 et 25 000 dollars et vendus en DVD pour 2 ou 3$ sur les marchés de Lagos où les plus gros succès sont tirés jusqu’à près d’un demi-million d’exemplaires, ce qui représente des profits intéressants pour les investisseurs ayant sauté sur l’occasion.Un des bémols à cette success story, en dehors des difficultés liées au piratage (sujet qu’on abordera bientôt), c’est le ralentissement de la croissance de cette industrie qui n’arrive pas à gagner un public plus large. La principale raison est simple et sans équivoque : la qualité même des ces films.

Placements de caméras douteux, montage ne respectant pas la continuité spatio-temporel quand ils ne s’éternisent pas sur des scènes inutiles (qui a besoin de voir un personnage réaliser son créneau en temps réel ?), scénarios à tendance mélodramatique bourrés de clichés ou qui n’ont tout simplement ni queue ni tête, personnages qui ne prennent pas une seule ride et ne change pas de coiffure malgré un saut dans le temps de 20 ans, les défauts ne manquent pas dans beaucoup de ces productions dont le succès pourrait être trivialement expliqué par « des noirs ayant envie de voir d’autres noirs sur leurs écrans ».

La première bonne nouvelle à tirer de cette situation est que ce n’est pas un supposé manque de moyens financiers mais ce sont plutôt les mauvais choix en terme d’écriture, de réalisation et de montage qui expliquent le fait que les films de Nollywood sont de qualité inférieure à leurs homologues d’autres continents et n’arrivent pas à s’ouvrir à un plus grand public. L‘autre bonne nouvelle est que Nollywood est la preuve qu’il existe une demande pour des films du Continent, qu’il y a des gens qui se battent pour les réaliser et qu’ils devraient (inévitablement) s’améliorer avec le temps.

En espérant que cet exemple poussera les cinéastes, les producteurs et les financiers à travers l’Afrique (et surtout les expatriés) à s’activer pour que le cinéma africain rattrape son retard.

Pour avoir récemment vu Good Luck Chuck et Bride Wars sur Showtime et HBO, la barre n’est pas aussi haute qu’on peut le croire…

samedi 2 janvier 2010

Les années 2010, la fin du cinéma (in)dépendant



Déjà commençons par le commencement en souhaitons une bonne année 2010 à tous, pleine de succès, de santé, etc., etc., etc.… Un changement d’année qui est également celui d’une ère puisque nous sommes désormais entrés dans les « 2010’s ». Qu’est ce que cela signifie pour le cinéma ? Que les producteurs et réalisateurs ont enfin la possibilité d’être indépendants, chose qui n’était pas encore le cas durant les décennies passées.

En effet le cinéma dit « indépendant » dont la définition varie entre le fait de ne pas être financé par les majors, celui d’avoir une plus grande ambition artistique que commerciale/populaire ou d’être conçu avec des budgets considérablement inférieurs à ceux des majors, existe depuis le première partie du siècle précédent.
Pourtant, ces producteurs/réalisateurs n’ont rien d’indépendants, bien au contraire. Car bien que ces derniers soient autonomes vis-à-vis des rouleaux compresseurs que sont les grands studios lorsqu’il s’agit de produire leurs films, ils sont plus que jamais dépendants des distributeurs, financiers et des salles de cinémas, qui s’avèrent être des alternatives beaucoup plus difficiles d’accès que les majors.

Cela s’explique par le fait que les preneurs de décisions à la tête de ces organismes qui exercent un contrôle direct (dans les cas des financiers) ou indirect (distributeurs, salles de cinémas) sur les productions indépendantes s’y connaissent –croyez-le ou non - encore moins en la matière que leurs homologues des majors. Vous y trouvez souvent des avocats et/ou des analystes financiers qui sauront sur le bout des doigts ce qui n’a pas marché par le passé et vous en expliqueront les raisons mais n’auront jamais le courage ou la volonté de faire quelque chose différent de ce qui a déjà pu être fait avant.

Heureusement, il est à l’heure d’aujourd’hui possible d’enfin devenir un producteur « indépendant » car nous sommes pleinement entrés dans l’ère du DIY. Le « Do-It-Yourself », traduisez « Faites-Le-Vous-Même », signifie qu’un individu lambda peut enfin financer un film pour quelques dizaines de milliers d’euros, le réaliser et l’éditer avec un matériel et des effectif réduits, et le distribuer à travers le monde entier avec une autonomie totale (ou quasi totale) vis-à-vis du reste de l’industrie. Les seuls ingrédients désormais nécessaires à la réussite de cet individu étant la possession d’un grand esprit d’entreprise et d’un certain talent.
Pour avoir rendu cela possible, on peut remercier les caméras numériques HD, Final Cut Pro ou Avid, ainsi qu’Internet, entre autres choses.

À l’instar d’une ancienne colonie, le cinéma a finalement à sa disposition les outils pour acquérir son indépendance réelle. À nous de nous relaxer, d’appeler nos amis (ou pas), de nous asseoir devant nos écrans TV, nos ordinateurs ou dans nos salles et d’en profiter.

Encore bonne année à tous. Et plein de bons films.

vendredi 18 décembre 2009

La pornographie, l'avenir du cinéma



Non, je n'ai pas encore complètement perdu la raison. Les faits sont là pour prouver que ce que j'avance.

Petit retour en arrière sur les années 80. Une nouvelle technologie permettant aux consommateurs d'enregistrer le contenu de films sur cassettes. Deux formats sont en conccurence, VHS et Betamax. JVC accepte que les producteurs de films X utilisent le format VHS pour leurs ventes quand Sony et Betamax refusent. Résultat: Bien que Betamax fut un format aux qualités comparables voire supérieures, VHS devient le format universel pour les cassetes vidéos. Les studios hollywoodien, qui jusque là étaient refractaires à cette nouvelle technolgies (Universal et Disney ayant intenté un proces à Sony et son Betamax à l'époque pour infraction des droits d'auteurs) finissent par suivre le mouvement devant le succès rencontré par le X en home vidéo au cours des années qui suivent.

Avec l'arrivée d'Internet au milieu des années 90, les producteurs de X ont encore une fois montré à leurs homologues plus conventionnels quel outil marketing formidable le web pouvait être pour promouvoir des films auprès des spectateurs où qu'ils se trouvent à travers le monde et à moindre coût. L'avènement du haut débit n'a fait que confirmé la tendance puisque l'industrie de la pornographie a explosé avec l'apparition d'un nombre incalulable de sites permettant le téléchargements et/ou streaming légal de films sur la toile alors que comparativement le cinéma plus classique n'en est encore qu'à ses balbutiements en ce qui concerne l'offre de VOD.

Egalement, le sort de la plus récente guerre des nouveaux formats DVD entre Blu-Ray et HDDVD n'a pas été décide par la consommation de X car les producteurs de films adultes se sont desintéressés du sujet, ayant déja bien compris que l'avenir était principalement dans le digital. Inversement, les studios américains et même français persistent dans leurs efforts de nous convertir au Blu-Ray, alors que les ventes de DVD/Blu-Ray sont en chute libre sur ces deux dernières années.

Bref, tout ca pour dire que si vous êtes un aspirant cinéaste/producteur, vous avez beaucoup plus de points communs que vous ne pensez avec vos collègues aux moeurs plus légères. Peu de gens sont prêts a se rendre en salles pour voir vos oeuvres, vous n'avez pas les moyens de dépenser des millions en marketing ou meme pour tourner vos films. Néanmoins vous trouverez des passionés dans le monde entier qui sont malgré tout interessés par le message que vous voulez faire passer à travers vos films (aimez vous les uns les autres pour les X et peu importe ce que vous pensez avoir à raconter).

Voilà, maintenant vous savez ou vous devrez regarder la prochaine fois aue vous voudrez savoir ou se dirige le cinéma de demain.
Et vous avez aussi une excuse toute faite si votre patron vous surprend sur des sites scabreux en pleine après-midi.

Merci qui?

samedi 12 décembre 2009

Chérie, qu’est ce qu’on regarde ce soir ? Un film ou un film ?



Pour ceux qui ne le savent pas, Redbox est un service de location de films, crée en 2003, qui a causé beaucoup de remous auprès des studios d’Hollywood ces derniers mois. Son fonctionnement est le suivant.
Vous allez sur le site web de Redbox sur lequel vous pouvez sélectionner les films de votre choix. Une fois cela fait, il ne vous reste plus qu’à récupérer vos DVD dans l’un des 17000 kiosques Redbox (similaires a un distributeur de boissons) disséminés a travers le pays (en ayant évidemment le bon sens de choisir un kiosque situé près de chez vous). Cout de la transaction : 1$ par tranche de 24h.

Et c’est bien là ce qui chiffonne les studios. 1$ par film ? Dans ce cas, comment faire pour que les spectateurs achètent ces mêmes DVD au prix "raisonnable" de 25$ chacun ? Devrons nous revendre nos chalets a Aspen ? Devrons nous attendre le 21e anniversaire de nos enfants plutôt que leurs 16e, pour leurs offrir un 4x4 BMW ? Que faire ?
La réponse de certains distributeurs (Universal, Fox, Warner) a été d’exiger que Redbox n’offre leurs nouveaux films qu’un mois après leur sortie en DVD, pour éviter la cannibalisation des ventes. D’autres (Paramount, Disney) se sont contentés de toucher le gros chèque que les dirigeants de Redbox leurs versent pour avoir le droit de louer leurs films et se sont rendu a l’évidence qu’il n’y a pas grand-chose a faire.

Enfin si, il y a quelque chose a faire. Il est possible pour Universal et les autres de ne plus signer d’accord permettant à Redbox de louer leurs DVD une fois leurs contrats actuels respectifs terminés. Sauf qu’à l’heure actuelle dans ce secteur, les absents ont tort. Redbox n’est pour l’instant que 5e sur le marché de la location mais connaît la plus forte croissance du marché, plus forte même que Netflix (dont on parlera dans quelques semaines). Les absents ont torts par ce que les consommateurs sont trop heureux de s’offrir un film –peu importe lequel - pour la soirée à un si petit prix.

Et pour ca, les studios ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ce sont eux qui nous offrent continuellement du réchauffé depuis des années, entre les suites interminables, les remakes, les films inspirés de jouets pour enfants et les comédies romantiques dans lesquels la seul différence est que dans l’une d’elle c’est Sandra Bullock qui finit par trouver l’homme parfait en celui qu’elle méprisait au début du films, mais dans l’autre c ‘est Katherine Heigl qui joue le même rôle (si si, vous voyez très bien de quoi je veux parler).

Le résultat est que maintenant, les films ne sont pas plus différent qu’une simple matière première, comme du blé ou du pétrole qu’on peut vendre et acheter sur les marchés mondiaux à un prix unique, puisque identique à travers le monde. Quelle est la différence entre un baril de pétrole nigérian et un baril de pétrole saoudien ? Aucune, les deux ont la même utilité. Quelle est la différence entre un film Universal et un film Paramount ? Aucune, les deux ont la même utilité. Un DVD contenant environ 2 heures de son et d’images plus ou moins cohérentes.

mardi 8 décembre 2009

Suivez l’argent



Je suis de bonne humeur aujourd'hui, alors on va jouer à un jeu. Je vous laisse écrire le film de votre choix et je vous promets qu'on va le réaliser "à l'américaine". Et en plus, parce que je vous aime bien, vous aurez droit à 100% des profits venant de la diffusion en salles une fois que toutes les dépenses sont couvertes. Ça vous va?

Imaginons que vous avez un film au budget de 90 millions de $ qui rapporte 200 millions de $ en salles. Félicitations. Ça devrait représenter un beau gain. Pas si vite. Déjà, les salles de cinémas vous prennent approximativement la moitié de cette somme, parce qu’après tout, c’est elles qui diffusent les films.« Plus que » 100 millions, ce qui n’est pas si mal que ca, puis que le budget du film s’élevait à 90 millions. Pas si vite.

Le distributeur du film, qui bien souvent est également le studio l’ayant financé, prélève 30% de ce montant. Cela lui permet de payer ses factures d’électricité, son loyer, ses employés, ses dirigeants grassement payés ainsi que des notes de frais qui peuvent couvrir tout et n’importe quoi, allant de places pour le match des Lakers à l’achat de cocaïne et des prostitués, en passant par les diners pendant lesquels on négocie les contrats. Plus que 70 millions. Ça fait déjà 20 millions de moins que le budget. Pas si vite.

Les spectateurs ne se sont pas dirigés en salles par la simple opération du Saint-Esprit. Il a fallu de la publicité à la TV, dans les magazines, à la radio, dans la rue. Sans oublier les voyages pour les acteurs qui font la promotion de votre film a travers le monde. Et tout cela n’est pas gratuit, loin s’en faut. En fait, ce petit cirque a coûté environ 60 millions de $. Plus que -80 millions. Et on n’a toujours pas soustrait le budget. Pas si vite.
Dans votre gentil film, il n’y a pas que des inconnus. Il doit bien y avoir 1 ou 2 stars, plus un réalisateur réputé. Chacun à contractuellement droit à un pourcentage des recettes du film. Et a eux 3 combinés, le pourcentage est proche des 25% (certains acteurs/réalisateurs a eux tous seuls prennent 20% des recettes). 25% de 100 millions, ça nous fait 25 millions à retirer de votre total. Plus que -105 millions de $. Pas si vite.

Enfin, le budget de votre film – vous n’aviez pas oublié, j’espère - entre en jeu. 90 millions qui ramènent le total à -195 millions de $. Ah oui, et il faut rembourser les créanciers avec intérêts le budget qu’ils ont avancé. On va être gentil et dire que ca place la barre à peu près à -200 millions de $ et des poussières (de grosses poussières, en fait).
Évidemment, votre film sort à l’étranger également (luxe que n’ont pas les films français). On recommence la même musique, et si le film fait 200 millions dans le reste du monde, ca vous replace à environ -120 millions de $. Cette somme est à vous.

Ne me remerciez pas, c'est grâce à votre talent que tout cela a été possible. Vous préférez tout recevoir en une fois ou en plusieurs mensualités ?

samedi 28 novembre 2009

La théorie du bébé d’1m80



Devant l’absence quasi totale de films d’Afrique francophone sur nos écrans (de TV comme de cinéma), les producteurs africains répondent que les financements sont très difficiles à obtenir que ce soit auprès des investisseurs africains ou européens. Les réalisateurs disent avoir besoin d’au moins 1 millions d’euros et souvent plus (2 ou 3 millions d’euros) pour boucler la production de leurs films et forcement les studios européens sont réticents à avancer des sommes qu’ils savent qu’ils auront un mal fou a récupérer sur des films qui ne s’adressent pas a leur habituelle cible de spectateurs. Pour leur défense, ils ont déjà assez de soucis avec leur propres films « grands publics » qui ne sont pas toujours les investissements rentables que l’ont peut naïvement croire.

Pourtant, quand on sait que le budget moyen d’un film américain est de 60 millions de $ est celui d’un film français d’environ 7 millions d’euros, le moins que l’on puisse faire c’est d’aider l’Afrique a développer ses films en lui prêtant ces sommes relativement peu élevées. Comment voulez-vous que des films africains de qualité comparables à leurs homologues occidentaux voient le jour sinon ? La réponse est simple : on n’accouche pas d’un bébé d’1m80.

Si les films occidentaux coutent ce qu’ils coutent, que Will Smith touche 20 millions de $ (plus 20% des recettes) et que les meilleurs acteurs français touche 800 000 euros par film, c’est parce que ces industries se sont développées pendant plusieurs décennies et que leurs croissances respectives leurs ont permises d’atteindre la taille qu’elles ont. (Note : Pour est plus exact, dans mon exemple, Hollywood devrait plutôt mesurer 2m20, et le cinéma français 1m 70, voire 1m60. Mais bon, passons). Je vois déjà ceux qui diront que c’est bien beau de dire ca mais malheureusement, qu’on le veuille ou non ca coute beaucoup d’argent de faire des films.

Sauf que ce n’est pas complètement vrai. Avec les progrès du numérique, il est possible de produire le même film pour dix fois moins cher. Et je doute que les tarifs des acteurs et techniciens basés en Afrique soient les mêmes que ceux de ce cher Will Smith. Sur le plan comptable, la rémunération des différents participants peut être également basée sur les profits futurs du film plutôt qu’entièrement incluse dans le budget initial. Cela laisse supposer évidemment que vous envisagez de tirer un profit de ce film (il faut bien manger). Sinon ce n’est pas d’investisseurs dont vous avez besoin, mais de mécènes.

Enfin, tout le monde sait que la qualité d’un film ne se mesure pas à la taille de son budget, il suffit de regarder un film de Michael Bay pour s’en convaincre. Comme beaucoup d’hommes ont dû l’entendre dans leur vie, ce n’est pas la taille (du budget) qui compte c’est la façon de s’en servir (de ce budget). Bref, tout ca pour dire que malgré les plus grands efforts, jamais personne n’accouchera d’un bébé d’1m80.

Par contre, on peut accoucher d’un bébé de 50 cm et le regarder grandir au fil des années.