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jeudi 21 janvier 2010

Le début d'une nouvelle ère

Je vous avais promis une surprise il y a quelques jours (pour les 4 personnes qui suivent ce blog). Et bien la voici.

J'espère que c'est le début d'une longue aventure et que vous serez nombreux a en faire partie.

Je vous conseille d'inviter des amis. Parce qu'on ne va pas s'ennuyer.


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Communiqué de presse:

H7 Films tisse sa toile

La nouvelle maison de production ambitionne de porter le cinéma africain au premier plan

Yaoundé - Nouveauté dans le paysage cinématographique africain : la création de H7 Films par Henri Melingui.

H7 Films sera une maison de production de films africains basée à Yaoundé (Cameroun). En plus de financer et produire ses projets, elle en assurera également la distribution à travers le monde.

« Notre défi est de proposer des films originaux et innovants qui passionneront les cinéphiles et auxquels un public plus large pourra malgré tout s’identifier. », dit Henri Melingui.

L’entreprise fera d’internet le fer de lance de sa stratégie internationale. Ses films seront disponibles en Vidéo à la Demande simultanément sans aucunes restrictions territoriales.

Le public africain, n’ayant majoritairement pas accès au haut débit, pourra également avoir accès à ces films en DVD. De projections spéciales seront également organisées par le distributeur dans plusieurs villes d’Afrique francophone.

« Par l’intermédiaire de mon blog Quartier Boz'art , j’ai eu l’occasion de m’exprimer sur la disparition des salles, le piratage, et les faibles moyens financiers en Afrique. Je n’en reste pas moins convaincu que l’environnement actuel est malgré tout propice à un redécollage du 7e art sur le continent. L’essentiel est de rester créatif et flexible devant les obstacles qui se présentent», rajoute Melingui.

H7 Films compte déjà plusieurs projets en stade avancé de développement.

La nouvelle structure débutera officiellement ses opérations au cours du second semestre de l’année 2010.

lundi 18 janvier 2010

L'état du cinéma africain

Un article intéressant que j'ai trouvé sur http://ambenatna.over-blog.com/ et que j'ai voulu partager avec vous traitant de la faiblesse de l'activité de l'industrie africaine du cinéma.

Dans la même veine, j'avais posté en novembre Les salles de cinéma en Afrique

jeudi 7 janvier 2010

Nollywood: si ce n’est pas un signe, alors là…



Profitant des mes vacances récentes aux Cameroun, j’ai pu regarder des chaines de TV africaines (auxquelles je n’ai pas habituellement accès) diffusant des films et séries du continent, notamment les fictions produites par Nollywood.

Pour ceux qui ne le savent pas, Nollywood est le surnom de l’industrie cinématographique du Nigéria (je vous laisse deviner d’où vient le surnom), qui réalise un chiffres d’affaires d’environ 300 millions de $ par an et est également la 2e industrie mondiale en terme de production de films derrière l’Inde et devant les Etats-Unis avec 500 films par an environ d’après le classement des Nations Unies, un classement qui reste néanmoins assez discutable car les Etats-Unis produisent beaucoup plus de films qui ne voient jamais la lumière du jour (et ne sont ainsi pas comptabilisés).

Ce sont des films tournés en deux semaines sur support numérique pour des budgets le plus souvent compris entre 15000 et 25 000 dollars et vendus en DVD pour 2 ou 3$ sur les marchés de Lagos où les plus gros succès sont tirés jusqu’à près d’un demi-million d’exemplaires, ce qui représente des profits intéressants pour les investisseurs ayant sauté sur l’occasion.Un des bémols à cette success story, en dehors des difficultés liées au piratage (sujet qu’on abordera bientôt), c’est le ralentissement de la croissance de cette industrie qui n’arrive pas à gagner un public plus large. La principale raison est simple et sans équivoque : la qualité même des ces films.

Placements de caméras douteux, montage ne respectant pas la continuité spatio-temporel quand ils ne s’éternisent pas sur des scènes inutiles (qui a besoin de voir un personnage réaliser son créneau en temps réel ?), scénarios à tendance mélodramatique bourrés de clichés ou qui n’ont tout simplement ni queue ni tête, personnages qui ne prennent pas une seule ride et ne change pas de coiffure malgré un saut dans le temps de 20 ans, les défauts ne manquent pas dans beaucoup de ces productions dont le succès pourrait être trivialement expliqué par « des noirs ayant envie de voir d’autres noirs sur leurs écrans ».

La première bonne nouvelle à tirer de cette situation est que ce n’est pas un supposé manque de moyens financiers mais ce sont plutôt les mauvais choix en terme d’écriture, de réalisation et de montage qui expliquent le fait que les films de Nollywood sont de qualité inférieure à leurs homologues d’autres continents et n’arrivent pas à s’ouvrir à un plus grand public. L‘autre bonne nouvelle est que Nollywood est la preuve qu’il existe une demande pour des films du Continent, qu’il y a des gens qui se battent pour les réaliser et qu’ils devraient (inévitablement) s’améliorer avec le temps.

En espérant que cet exemple poussera les cinéastes, les producteurs et les financiers à travers l’Afrique (et surtout les expatriés) à s’activer pour que le cinéma africain rattrape son retard.

Pour avoir récemment vu Good Luck Chuck et Bride Wars sur Showtime et HBO, la barre n’est pas aussi haute qu’on peut le croire…

samedi 12 décembre 2009

Chérie, qu’est ce qu’on regarde ce soir ? Un film ou un film ?



Pour ceux qui ne le savent pas, Redbox est un service de location de films, crée en 2003, qui a causé beaucoup de remous auprès des studios d’Hollywood ces derniers mois. Son fonctionnement est le suivant.
Vous allez sur le site web de Redbox sur lequel vous pouvez sélectionner les films de votre choix. Une fois cela fait, il ne vous reste plus qu’à récupérer vos DVD dans l’un des 17000 kiosques Redbox (similaires a un distributeur de boissons) disséminés a travers le pays (en ayant évidemment le bon sens de choisir un kiosque situé près de chez vous). Cout de la transaction : 1$ par tranche de 24h.

Et c’est bien là ce qui chiffonne les studios. 1$ par film ? Dans ce cas, comment faire pour que les spectateurs achètent ces mêmes DVD au prix "raisonnable" de 25$ chacun ? Devrons nous revendre nos chalets a Aspen ? Devrons nous attendre le 21e anniversaire de nos enfants plutôt que leurs 16e, pour leurs offrir un 4x4 BMW ? Que faire ?
La réponse de certains distributeurs (Universal, Fox, Warner) a été d’exiger que Redbox n’offre leurs nouveaux films qu’un mois après leur sortie en DVD, pour éviter la cannibalisation des ventes. D’autres (Paramount, Disney) se sont contentés de toucher le gros chèque que les dirigeants de Redbox leurs versent pour avoir le droit de louer leurs films et se sont rendu a l’évidence qu’il n’y a pas grand-chose a faire.

Enfin si, il y a quelque chose a faire. Il est possible pour Universal et les autres de ne plus signer d’accord permettant à Redbox de louer leurs DVD une fois leurs contrats actuels respectifs terminés. Sauf qu’à l’heure actuelle dans ce secteur, les absents ont tort. Redbox n’est pour l’instant que 5e sur le marché de la location mais connaît la plus forte croissance du marché, plus forte même que Netflix (dont on parlera dans quelques semaines). Les absents ont torts par ce que les consommateurs sont trop heureux de s’offrir un film –peu importe lequel - pour la soirée à un si petit prix.

Et pour ca, les studios ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ce sont eux qui nous offrent continuellement du réchauffé depuis des années, entre les suites interminables, les remakes, les films inspirés de jouets pour enfants et les comédies romantiques dans lesquels la seul différence est que dans l’une d’elle c’est Sandra Bullock qui finit par trouver l’homme parfait en celui qu’elle méprisait au début du films, mais dans l’autre c ‘est Katherine Heigl qui joue le même rôle (si si, vous voyez très bien de quoi je veux parler).

Le résultat est que maintenant, les films ne sont pas plus différent qu’une simple matière première, comme du blé ou du pétrole qu’on peut vendre et acheter sur les marchés mondiaux à un prix unique, puisque identique à travers le monde. Quelle est la différence entre un baril de pétrole nigérian et un baril de pétrole saoudien ? Aucune, les deux ont la même utilité. Quelle est la différence entre un film Universal et un film Paramount ? Aucune, les deux ont la même utilité. Un DVD contenant environ 2 heures de son et d’images plus ou moins cohérentes.

mardi 8 décembre 2009

Suivez l’argent



Je suis de bonne humeur aujourd'hui, alors on va jouer à un jeu. Je vous laisse écrire le film de votre choix et je vous promets qu'on va le réaliser "à l'américaine". Et en plus, parce que je vous aime bien, vous aurez droit à 100% des profits venant de la diffusion en salles une fois que toutes les dépenses sont couvertes. Ça vous va?

Imaginons que vous avez un film au budget de 90 millions de $ qui rapporte 200 millions de $ en salles. Félicitations. Ça devrait représenter un beau gain. Pas si vite. Déjà, les salles de cinémas vous prennent approximativement la moitié de cette somme, parce qu’après tout, c’est elles qui diffusent les films.« Plus que » 100 millions, ce qui n’est pas si mal que ca, puis que le budget du film s’élevait à 90 millions. Pas si vite.

Le distributeur du film, qui bien souvent est également le studio l’ayant financé, prélève 30% de ce montant. Cela lui permet de payer ses factures d’électricité, son loyer, ses employés, ses dirigeants grassement payés ainsi que des notes de frais qui peuvent couvrir tout et n’importe quoi, allant de places pour le match des Lakers à l’achat de cocaïne et des prostitués, en passant par les diners pendant lesquels on négocie les contrats. Plus que 70 millions. Ça fait déjà 20 millions de moins que le budget. Pas si vite.

Les spectateurs ne se sont pas dirigés en salles par la simple opération du Saint-Esprit. Il a fallu de la publicité à la TV, dans les magazines, à la radio, dans la rue. Sans oublier les voyages pour les acteurs qui font la promotion de votre film a travers le monde. Et tout cela n’est pas gratuit, loin s’en faut. En fait, ce petit cirque a coûté environ 60 millions de $. Plus que -80 millions. Et on n’a toujours pas soustrait le budget. Pas si vite.
Dans votre gentil film, il n’y a pas que des inconnus. Il doit bien y avoir 1 ou 2 stars, plus un réalisateur réputé. Chacun à contractuellement droit à un pourcentage des recettes du film. Et a eux 3 combinés, le pourcentage est proche des 25% (certains acteurs/réalisateurs a eux tous seuls prennent 20% des recettes). 25% de 100 millions, ça nous fait 25 millions à retirer de votre total. Plus que -105 millions de $. Pas si vite.

Enfin, le budget de votre film – vous n’aviez pas oublié, j’espère - entre en jeu. 90 millions qui ramènent le total à -195 millions de $. Ah oui, et il faut rembourser les créanciers avec intérêts le budget qu’ils ont avancé. On va être gentil et dire que ca place la barre à peu près à -200 millions de $ et des poussières (de grosses poussières, en fait).
Évidemment, votre film sort à l’étranger également (luxe que n’ont pas les films français). On recommence la même musique, et si le film fait 200 millions dans le reste du monde, ca vous replace à environ -120 millions de $. Cette somme est à vous.

Ne me remerciez pas, c'est grâce à votre talent que tout cela a été possible. Vous préférez tout recevoir en une fois ou en plusieurs mensualités ?

mercredi 2 décembre 2009

L'adolescent de 15 ans

Ils le recherchent tous. Ils sont prêts a tout pour lui plaire. Ils feraient n’importe quoi pour attirer son attention. « Ils », se sont les studios de cinéma. Et pourquoi « ils » font tout ca ? Parce que c’est grâce à cet adolescent de 15 ans que vous pouvez amasser les millions d’euros ou de dollars, selon votre préférence.

Parce que quand vous plaisez a l’adolescent de 15 ans, vous plaisez aussi aux plus jeunes qui ont tous envie de ressembler a leurs grands frères plus âgés mais aussi aux adultes qui ont refusé de grandir et paieraient cher pour revenir en arrière (à croire que certains ont oublié ce que c'est vraiment que d'avoir 15 ans). Et lorsque vous additionner toutes ces personnes, ca fait beaucoup de monde a la fin.

Aussi, ce n’est pas très compliqué de plaire à l’adolescent de 15 ans :
Donner lui quelques explosions, des robots géants qui mènent une guerre « secrète » en détruisant des villes entières ou des filles qui n’ont eu le temps que d’enfiler leurs sous-vêtements avant de sortir de la maison et le tour est joué.
Et ne vous inquiétez pas si votre histoire n’a ni queue ni tête, l’adolescent de 15 ans est un rebelle qui n’aime pas réfléchir parce que c’est fatigant. De toute façon, le cerveau de l'adolescent de 15 ans a déjà été sévèrement endommagé par la pluie d’effets spéciaux qu’il a du subir pendant 2 heures et ne peut plus emmagasiner d’informations.

Et ce qui est génial, c’est que ca marche aussi avec les filles.
Je vous donnerai volontiers la recette, mais il vous suffit de regarder Twilight pour comprendre. En fait non, n’aller pas voir Twilight, demander juste a votre sœur/copine de vous en faire un bref résumé.

Mais vous savez quoi, il y a une bonne nouvelle. L’adolescent de 15 ans grandira, aura d’autres intérêts, et regardera en arrière en se demandant comment il a fait pour apprécier ces films (sauf s’il refuse de grandir et décide d’avoir éternellement 15 ans).
La mauvaise, c’est que tous les jours, toutes les 2 secondes, un bébé voit le jour. Et ces bébés –qui ne font pas 1m80(pour ceux qui suivent)- vous l’avez deviné, un des ces jours ils auront 15 ans.

Quand j’y pense, tout ce que je viens de dire se rapproche beaucoup de ces hommes qui se rapprochent de la trentaine et font toujours la sortie des cours de lycée plutôt que de fréquenter des femmes de leur âge. C’est plus facile de les attirer, et quand elles comprennent qu’il y a mieux pour elles, il y en a des plus jeunes qui arrivent pour les remplacer. ( Toute ressemblance avec des personnes réelles est bien entendu volontaire)